Alain Longet nous invite dans sa "Suite lémanique"
15.06.2005
Ode à un peintre "immense", dont les tableaux donnent l'envie irrépressible d'appeler quelqu'un, de le saisir par les épaules et de lui dire: "Regarde!".
"Oui, je veux
savoir. Savoir pour mieux sentir, sentir pour mieux savoir. Tout en étant le
premier dans mon métier, je veux être simple. Ceux qui savent sont simples. Les
demi-savants, les amateurs font les demi-réalisations. Vous savez au fond, il
n'y a d'amateurs que ceux qui font de la mauvaise peinture. Je ne voudrais pas
être un de ces amateurs-là. Alors je veux être un vrai classique, redevenir
classique par la nature, par la sensation. ... La nature parle à tous. Eh bien
! Jamais on n'a peint le paysage. L'homme absent, mais tout entier dans le
paysage." (Conversations avec
Cézanne, éd. Macula, Paris 1978)
Ces lignes d'un peintre "immense", j'ai envie de les
dédier aujourd'hui, à Alain Longet, peintre dans l'âme, qui appartient à ces
"simples" dont parle Cézanne, ceux qui ne font pas de bruit, pas de théories
fumeuses, pas de show médiatique. Alain Longet est à l'œuvre. Avec cette
rigueur passionnée, dénuée de toute concession, dans laquelle on reconnaît,
tout simplement, les "artistes vrais".
Il ne peint pas des paysages, mais l'éblouissement de la
vision, les transparences de la beauté, le vertige de cette grâce qui s'annonce
chaque fois que le regard entre en fusion avec le monde. Devant un tableau d'Alain
Longet se produit un curieux phénomène: l'envie irrépressible d'appeler
quelqu'un, de le saisir par les épaules et de lui dire: "Regarde!"
Ses toiles sont des fêtes qui nous donnent envie d'y
entrer, de les partager, de s'y asseoir et d'y rester.
auteur:
Barbara Fournier, Presse & Information