L'EPFL fait sa foire à Hanovre
04.05.2005
Le Laboratoire d'énergétique industrielle à Hanovre
26 halles, 205 000 m2 de surface d'exposition, quelque 6000 exposants venus de 65 pays, plus de 200'000 visiteurs, tel est le décor de la foire industrielle de Hanovre, qui, la semaine du 11 au 15 avril, a ouvert ses portes au nord de l'Allemagne. Les thèmes traditionnellement abordés touchent à l'automation, aux microtechniques, à l'énergie, aux traitements et procédés de surface, à la sous-traitance et aux services industriels. Une halle entière était également dédiée à la recherche et aux nouvelles technologies.
C'est dans cette "halle 2" que le Conseil des EPF a élu
domicile afin d'exposer des projets de recherche issus de nos hautes écoles.
Lieu de prédilection des institutions de recherche et des écoles d'ingénieurs,
l'espace fourmille de prototypes et de posters illustrant des projets innovants
destinés à révolutionner le paysage industriel de demain. Le stand suisse, qui
occupe une surface imposante, se divise en deux parties: l'une est partagée par
les institutions du Conseil des EPF, l'autre est consacrée aux lauréats du
Swiss Technology Award 05.
Une édition placée sous le signe de l'environnement
Cette année, les cinq hautes institutions du domaine ont
décidé de présenter des projets sous une bannière commune intitulée "EPF -
Techniques de l'énergie pour l'homme et l'environnement".
L'EPFL y est représentée par le Laboratoire d'énergétique
industrielle (LENI) du prof. D. Favrat. Au sein de l'Institut de l'énergie
(ISE), le LENI développe des méthodologies basées sur la thermodynamique afin d'intégrer
et d'optimiser les systèmes énergétiques avancés en vue d'un développement plus
durable. Au travers d'études théoriques et expérimentales, il est spécialisé
dans les systèmes et les équipements permettant une utilisation et une
conversion plus rationnelle de l'énergie, avec un accent fort sur la
cogénération. En quête constante de gains d'efficacité et d'ouverture aux
sources d'énergie alternatives, les principaux axes de recherche du laboratoire
sont les piles à combustibles, les énergies renouvelables (biomasse, solaire)
et les pompes à chaleur.
Bain de foule dès le matin
Dès 9 heures du matin, la halle s'anime et le flot de
visiteurs, regroupant des industriels à la recherche d'idées innovantes, de
simples curieux ou des étudiants avides d'informations sur notre institution,
envahit les stands. Dans la vitrine EPFL, deux projets proches de l'application
sont présentés. Le premier concerne les piles à combustible de type "Solid
Oxide Fuel Cells" (SOFC), développées en partenariat avec l'EMPA et la start-up
HTceramix. Le prototype exposé est une pile fonctionnant à haute température
(environ 750°C) qui comprend un empilement de disques céramiques (NiO et ZrO2).
Il est prévu pour la production d'électricité dans des applications
stationnaires dans les habitations ou l'industrie ou comme unité auxiliaire de
production d'électricité dans les grands véhicules.
Une pile SOFC en
fonctionnement est également exposée sur le stand qu'HTceramix partage avec son
partenaire américain Fideris dans la halle 13, consacrée à l'énergie. L'objectif,
à terme, est de développer des piles de
2 kW. Le deuxième projet exposé par le LENI a trait aux micro-compresseurs à
haute vitesse pour les pompes à chaleur. La roue de micro-compresseur exposée
ne fait que deux centimètres de diamètre, mais attire de nombreux visiteurs,
curieux de ses performances, essentiellement dues au design basé sur
l'utilisation de paliers à gaz. L'utilisation de ce compresseur miniature,
opérant sans huile, dans une future pompe à chaleur bi-étagée a de quoi
révolutionner les systèmes de chauffage actuels, notamment en terme de
rendement et d'émission de CO2.
Une vitrine pour la recherhce du domaine des EPF
Sur les stands des autres institutions du CEPF, les
énergies renouvelables sont également à l'honneur: le PSI a mis l'accent sur le
prototype de voiture à hydrogène Hylight qu'elle a développé avec Michelin,
l'ETHZ expose un procédé de production de méthane à partir de biomasse en
utilisant l'énergie solaire, l'EMPA montre des disques de céramiques utilisés
dans les piles à combustible, tandis que Novatlantis propose une réflexion sur
la société à 2 kWatts.
Bien que le montage d'un tel stand représente un
investissement important en argent pour le Conseil des EPF et en temps pour les
chercheurs, la foire de Hanovre reste un endroit idéal pour notre école pour
présenter au monde industriel le fruit de ses travaux. La présence active et
l'enthousiasme des équipes du LENI et d'HTceramix durant cette semaine a
certainement contribué à donner une image positive de la recherche dans nos
institutions.
Gageons que parmi les nombreux contacts établis, certains
se concrétiseront dans le futur par de nouvelles collaborations de recherche ou
du transfert de technologie!
auteur:
Pascale Van Landuyt, EPFL - CAST, Centre Relais Innovation SOFRAA