Périple asiatique: escale en Inde
08.03.2005
Carnet de voyage (suite)
Chers étudiants... ou bien chers baroudeurs de demain...? Nous vous racontions dans un précédent article l'expérience d'Etienne et Annick Monbaron, qui ont pu tous les deux travailler en tant qu'expatriés au Népal.
Et maintenant, après le Nepal, c'est en Inde que nous
rencontrons un ancien étudiant de l'EPFL. En espérant que cela donnera des
idées à certains d'entre vous, voici l'intéressant parcours d'un ingénieur qui,
lui aussi, a dû commencer comme nous tous étudiants par surmonter les dures
épreuves du propé I, puis du propé II,
puis...
Nous avons donc fait la connaissance de Christophe Boesch
qui travaille à Delhi pour le Groupe de la Banque Mondiale
(The World Bank). Il nous reçoit chaleureusement dans ses bureaux d'un quartier
aéré de New Delhi.
Tout comme les deux ingénieurs rencontrés au Népal,
Christophe Boesch travaille sur des projets dans le domaine du développement,
particulièrement en Inde et en Afghanistan, mais à un autre niveau qu'Etienne
et Annick. En effet, le Groupe de la Banque Mondiale est un organisme qui est né à la
fin de la seconde guerre mondiale et qui a pour mission de combattre la
pauvreté et d'améliorer le niveau de vie des gens dans les pays en
développement. C'est une Banque de Développement aux services multiformes:
prêts, conseils de stratégie, assistance technique et partage des
connaissances. Les principaux clients de cette banque peu ordinaire sont les
Etats, qui arrivent avec un projet, concernant aussi bien l'aménagement du
territoire que la santé, des programmes d'éducation ou la construction d'un
barrage.
Le travail de Christophe Boesch consiste à aider les Gouvernements à
préparer et à superviser certains de ces projets, plus précisément dans le
domaine des eaux et de l'établissement de réseaux de canalisations. Non
seulement la Banque
Mondiale injecte de l'argent dans ces différents projets,
mais de plus, elle se charge d'envoyer des experts afin d'aider les Etats à
définir les projets, et faire en sorte que ceux-ci soient correctement mis en
place et atteignent leurs objectifs.
Le cursus de Christophe Boesch s'est très tôt développé
en parallèle en deux directions différentes: d'un côté les sciences et de
l'autre l'économie. Après une première année d'études à l'Université de
Neuchâtel en sciences économiques, celui-ci vient ensuite étudier à Lausanne à
l'EPFL en génie civil.
Mais ce n'est pas tout. Il décide également d'étudier en
parallèle à l'Université de Lausanne pour obtenir en même temps un diplôme HEC
en gestion de l'entreprise en 1992. Ces deux diplômes en poche, il se fait
embaucher par Eli Lilly Export qui rapidement l'envoie en missions dans
différents pays du Moyen Orient pour réaliser des études de marché puis comme
analyste financier. Christophe Boesch, qui prend vite goût au voyage, décide
cependant de commencer 4 années plus tard deux Masters dans le domaine du génie
civil et de "Technology & Policy" à Boston au "Massachusetts Institute of
Technology" (MIT). Durant son travail de
Master, il s'implique dans différents projets en relation avec la gestion des
ressources hydrauliques dans les pays en voie de développement et s'apprête à
débuter un travail de thèse au MIT.
Cependant, suite à une offre intéressante de la part de la Banque Mondiale,
il décide de renoncer à son doctorat. En 2000, il obtient un poste d'économiste
de l'eau et de l'assainissement dans la région Asie du Sud de la Banque Mondiale,
basé à Washington au début, puis une année plus tard au bureau de Delhi. En ce
moment même, il est responsable de projets d'assez grande envergure tels que
l'aménagement et l'amélioration de la gestion de systèmes d'eau potable et
d'assainissement pour la ville de Delhi (16 millions d'habitants; 25 millions
en ajoutant sa banlieue) et pour toutes les régions urbaines d'Afghanistan
(Kaboul et plus de 20 autres villes y compris Mazar-i-Sharif, Kandahar, etc.).
Ce type de projets implique de gérer aussi bien des questions techniques que
financières, économiques, politiques, sociales ou environnementales.
Nous avons été accueillis à bras grands ouverts par
Christophe Boesch, qui nous a parlé des avantages et inconvénients de sa
situation. Ces projets de développement, qui prennent naissance dans des pays
"difficiles" tels que l'Inde, l'Afghanistan ou le Pakistan, peuvent présenter
un certain risque par exemple au niveau de la sécurité. Cependant, l'intérêt
réside dans le fait qu'il y a là-bas un énorme potentiel de développement. On a
donc besoin d'ingénieurs diplômés d'écoles telles que l'EPFL pour encadrer ces
projets passionnants et de grosse envergure. Et pourquoi pas vous?
auteur:
Amaury Boutry et Clementine Vieillard