08.03.2005
Commençons par un sujet toujours brûlant, la hausse des taxes d'études. Nous estimons qu'il ne faut pas réfléchir à une augmentation des taxes mais bien à une amélioration du système des bourses. En effet, une hausse des taxes diminuerait un accès démocratique aux études. L'égalité des chances serait plus affectée encore et dépendrait fortement du milieu social de l'étudiant. De plus, on sait qu'un doublement des taxes d'études n'augmenterait le budget que d'environ 3%. C'est très peu aux vues des conséquences sur la situation sociale des étudiants. Ceux qui souhaitent augmenter les taxes cherchent donc à sélectionner les étudiants sur une base financière. C'est du gâchis. La société se prive ainsi d'excellents étudiants et futurs ingénieurs.
Des taxes différentes pour le Bachelor et le Master?
Certaines propositions ont été faites de différencier les taxes entre le Bachelor et le Master. Cette mesure nous semble inacceptable car elle créerait une formation à deux vitesses où les personnes aisées pourraient terminer leurs études alors que les autres partiraient avec une demi formation. En plus, cette mesure va à l'encontre des directives de la CUS (Conférence Universitaire Suisse, organe commun de la Confédération et des cantons pour la collaboration dans le domaine de la politique des hautes écoles universitaires) entrées en vigueur il y a à peine une année. Nous estimons que tout étudiant qui en a les capacités intellectuelles devrait sortir de l'EPFL avec un Master.
Actuellement, il ne faut pas s'en cacher, le système des bourses est mauvais. Notre
objectif est une vraie démocratisation des études, un accès libre qui
ne dépend aucunement du milieu financier des parents de l'étudiant. Si
nous devions considérer une hausse des taxes, il nous semble que cela
pourrait être envisageable si cette hausse sert directement à
l'amélioration des bourses et donc à garantir un accès démocratique aux
études.
Une sélection à l'entrée: pas objective
Parlons maintenant
d'une autre idée lancée par les lobbies économiques et par le
professeur Alexander Zehnder (président du Conseil des écoles
polytechniques) afin de sélectionner les étudiants à l'entrée des EPF
en faisant passer un entretien individuel. Nous défendons qu'une
sélection sur la base des notes ou d'un entretien n'est pas objective
et ne permet pas à chacun de faire ses preuves. Un entretien ne s'est
en effet jamais révélé un moyen valable pour juger du potentiel de
réussite d'un étudiant.
Le système actuel nous semble bien plus approprié et n'engendre pas de frais supplémentaires excessifs. Au contraire la mise en place d'entretiens demanderait un nombre d'heures exorbitants aux professeurs et un coût très élevé ce qui va à l'encontre même du projet. Il n'est en outre pas souhaitable de diminuer le nombre d'étudiants en Suisse par le biais d'un "numerus clausus déguisé", nombre déjà faible en comparaison internationale. Pour ces raisons, le projet "priorité première année" lancé par la Direction de l'EPFL nous semble aller dans la bonne voie car il tend à donner à tous la chance d'atteindre le niveau demandé et cherche à améliorer l'enseignement. Il permet de sélectionner les étudiants à la fin de la première année laissant ainsi à chacun le temps de faire ses preuves. Nous soutenons donc ce projet.
Ces quelques lignes ont été écrites afin de clarifier notre position suite à certains articles parus ces derniers temps dans la presse. Si vous aussi vous vous sentez concernés par ces sujets et voulez vous investir pour défendre nos intérêts d'étudiants, n'hésitez pas à nous contacter par e-mail. Vous êtes toujours les bienvenus aux réunions de l'Equipe Représentation (ouvertes à tous les étudiants de l'EPFL) tous les lundis à 18h15 en CO216 dès la reprise des cours (7 mars 2005).