Lorsque la Terre tressaute en direct
16.02.2005
Projet "La Terre en live" du Geolep
Tirer un enseignement des catastrophes naturelles? Telle est la raison d'être de "la Terre en live". Sur la base de ce réseau d'observations géologiques via internet mis sur pied l'année dernière, le Geolep a lancé une expérience pédagogique inédite. En capitalisant sur l'intérêt suscité chez les étudiants par le tsunami en Asie du sud.
Les semaines ont passé, mais l'image reste dans les têtes... celle de
cette déferlante, grondante et menaçante, qui fauche tout sur son
passage. Difficile de s'imaginer que d'un tel cataclysme puisse se
construire un beau projet académique. C'est pourtant sur cet événement
que planchent les étudiants du cours de géologie dispensé par le
Laboratoire de géologie de l'ingénieur et de l'environnement (Geolep).
Dirigée par le professeur Aurèle Parriaux, cette entité de la Faculté
ENAC a intégré cette catastrophe naturelle dans ses programmes de
cours. Avec comme objectif de faire travailler les étudiants sur du
concret et de mettre ces futurs ingénieurs face la réalité des
transformations qui secouent notre bonne vieille Terre.
Favoriser la participations des étudiants
La mission des étudiants? Concevoir un réseau d'alerte pour les
tsunamis dans l'océan indien, en indiquant de façon précise où
positionner les cellules chargées de surveiller cette zone à risque. Ce
travail de groupe a ensuite laissé la place à un débat au cours duquel
les différentes solutions esquissées par les étudiants sont
confrontées. Une démarche relativement nouvelle pour des apprenants
frais émoulus du gymnase et qui se retrouvent aujourd'hui embarqués en
génie civil ou en sciences de l'environnement.
Devenant l'objet d'un exercice, le tsunami devient le moyen de mettre
en avant un autre modèle d'enseignement. "Dans le cadre du cours,
l'intérêt est double, explique Aurèle Parriaux. Ces étudiants de
première année n'ont pas connaissance des structures qui sont déjà en
place dans les régions du globe représentant un risque géologique. Il
est donc intéressant de leur donner la mission de partir à la recherche
d'informations pertinentes et de faire le tri dans la profusion de
données que l'on peut trouver sur internet afin de résoudre l'étude de
cas qui leur est proposée. En outre, le tsunami fournit une occasion
unique d'améliorer la motivation et la réceptivité des étudiants, en
utilisant un événement qui a réellement marqué les esprits".
Une coulée de lave à portée de clic
Le programme académique vient s'appuyer sur un projet mis en place
l'année dernière, soutenu par le Fonds d'innovation pour la formation
(FIFO). Intitulé "La Terre en live pour grands auditoires", ce module
d'enseignement visait à l'origine à apporter la dimension "terrain" que
des étudiants de première année, par la force des choses, ne peuvent
acquérir sur les bancs d'une haute école. L'idée était alors de
profiter des possibilités offertes par internet (immédiateté,
interactivité, ubiquité par webcams interposées...) pour donner l'accès
à de nombreuses informations relatives à des phénomènes naturels tels
que les séismes, les éruptions volcaniques ou encore les glissements de
terrain qui se produisent tout autour du globe.
Ce projet a pris depuis de l'ampleur. Le
site web du cours de géologie du Geolep
s'est
désormais transformé en véritable portail de nouvelles. Voir une coulée
de lave sur le Mont Saint-Hélène ou visionner des vidéos du tsunami
asiatique est désormais à portée de clic. Photos satellite, paramètres
géologiques, article de presse... le contenu mis à disposition dépasse
le cadre de l'enseignement académique et peut attirer un large public,
qu'il soit de l'EPFL ou non.
De Titan aux tréfonds de la Terre
Après un événement aussi marquant que le tsunami, est-il possible de
tourner simplement la page? Le Geolep compte bien continuer à
perfectionner son site web pour proposer un contenu toujours plus
complet. Et vise aussi bien les étoiles que les tréfonds de la Terre...
Il est déjà possible de télécharger des images de Titan prises par la
sonde Huygens et le suivi en direct de grands chantiers de génie civil,
la construction de tunnels en particulier, le sera bientôt. Une demande
de crédit a été déposée auprès du FIFO pour cette deuxième phase du
projet.
author:
Pascal Vermot, Presse & Information