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Les péripéties du Wizkid à New York

10.03.2008

EXPOSITION: Une nouvelle forme d'interaction homme-machine, sortie des laboratoires du CRAFT, a fait son entrée au célèbre MoMA (The Museum of Modern Art) de New York. Le résultat d'une collaboration intense entre ingénierie et design.

Pour interagir avec son ordinateur, il faut s'en approcher. Clavier, souris, écran tactile, l'interface se situe dans l'univers de la machine. Pourquoi ne pas changer cette logique? Frédéric Kaplan, spécialiste en intelligence artificielle au CRAFT s'est lancé ce défi. Il a imaginé une créature étrange, nommée Wizkid.

Posé sur une table, le Wizkid repère les humains, plus particulièrement leur visage, s'oriente vers eux et les observe. Si l'humain lui fait un signe, il en décode la signification et commande les actions correspondantes. Pour y arriver, la machine possède notamment différents scénarios d'interaction associés à une capacité d'apprentissage, des codes gestuels et un système d'analyse d'image. Résultat: le Wizkid vient chercher visuellement l'information auprès de l'homme, qui reste dans son univers d'action à lui.

En terme d'objet, le Wizkid se compose d'un petit écran avec une caméra, le tout monté sur un long cou articulé et motorisé. Le socle comporte le mini PC qui gère toute la machine. On peut ainsi imaginer de nombreux contextes d'application: bien placé dans une pièce, à la maison, le Wizkid peut actionner différents appareils. Par exemple enclencher la chaîne stéréo, choisir le bon CD ou lancer plein d'autres tâches. Le logiciel imaginé par Frédéric Kaplan prend en compte la gestion simultanée de plusieurs personnes différentes, typiquement trois ou quatre, avec une reconnaissance individuelle.

Arrivé à New York, la situation fut toutefois plus difficile. Grâce au designer lausannois Martin d'Esposito, enseignant à l'ECAL, le Wizkid était l'un des hôtes d'honneur de la grande exposition Elastic Mind du MoMA. A ses côtés, des réalisations du MIT, de Stanford, du Royal College of Arts de Londres et de nombreux artistes et designers contemporains, qui explorent la relation entre l'homme, l'objet et la connaissance. A 18h30, le

19 février, la file se déployait devant le musée pour assister au vernissage. Plusieurs milliers d'invités ont ainsi rempli les grands espaces du musée. Temps moyen pour rallier le bar à l'exposition elle-même: une bonne vingtaine de minutes tant la foule était dense. Les visiteurs s'agglutinaient ainsi en grappe autour du petit Wizkid, un peu paniqué. Au point de provoquer, après environ deux heures d'une telle effervescence, le premier syndrome de torticolis mécatronique! Bloqué au niveau du cou, le Wizkid regardait désespéré, l'angle du plafond. Brève panique à bord. Mais une simple relance de la machine a permis de tout régler quasiment instantanément. Finalement, face à une telle foule, le Wizkid a montré une robustesse étonnante. Cette expérience new yorkaise, qui se poursuivra jusqu'au mois de mai, résulte d'une collaboration à l'interface entre ingénierie et design. Une collaboration qui a permis de réfléchir au sens et au statut d'une telle machine dans différents environnements, notamment domestique. Le Wizkid innove, en effet, également dans sa forme: bien qu'il stimule un rapport particulier en orientant son écran face aux personnes présentes, il ne ressemble ni à un humain ou à un animal de compagnie. Frédéric Kaplan s'affranchit ainsi du travail qu'il a mené durant de nombreuses années chez Sony en lien avec le chien AIBO. Le Wizkid définit un nouveau statut pour la machine, dans son rapport avec l'homme. Martino d'Esposito a travaillé sur de nombreux aspects formels. Pour la version actuelle, il a proposé un revêtement totalement souple en tissus, facilement interchangeable, adaptable, modifiable, au gré des envies de l'utilisateurs.

Cette collaboration emblématique entre design et ingénierie a bénéficié du support de l'EPFL+ECAL Lab, nouvelle unité de l'EPFL désormais installée dans le bâtiment de l'ECAL à Renens. Désormais on y réfléchit déjà à la seconde génération du Wizkid. Une nouvelle génération qui tirera parti de l'expérience acquise durant l'exposition Elastic Mind, ouverte jusqu'au 12 mai. 

auteur: Nicolas Henchoz, Directeur EPFL+ECAL Lab