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L'Europe ne connaît pas la culture de la start-up

22.01.2008

LIVRE: Le monde des start-up est frappé d'ignorance et d'indifférence sur le Vieux Continent. Pourtant, à l'instar de la Silicon Valley, on y trouve de la passion, des entrepreneurs exaltés par leur aventure. Hervé Lebret vient de publier un ouvrage qui donne envie de pousser la porte de ce milieu palpitant.

 

«La décision d'écrire ce livre est venue d'un moment de colère. La colère n'a heureusement pas été le moteur de l'écriture, elle est trop mauvaise conseillère. Le vrai moteur a été la passion.» Dans son récent ouvrage, Hervé Lebret annonce d'entrée la couleur sur sa motivation: faire mieux comprendre l'univers des start-up.

Selon lui, la Suisse et plus généralement l'Europe n'ont pas la culture de la start-up. «Nous n'avons pas été éduqués dans cet état d'esprit», explique ce Français qui a rejoint l'EPFL en 2004 au Service des relations industrielles et qui a pris la charge des Innogrants (fonds de soutien à l'innovation et aux start-up). Mais ce n'est pas la seule explication: les excès de la bulle Internet contribueraient aussi à la méfiance qu'engendre le monde des start-up.

L'ouvrage d'Hervé Lebret se propose donc d'exorciser le phénomène et même de le rendre séduisant. Il se divise en deux parties: la première raconte l'histoire exceptionnelle des start-up qui forment, dans la Silicon Valley, un écosystème vivant. On y retrouve la saga Google, bien sûr. Mais il y a aussi les Apple, Microsoft et autres Yahoo qui prouvent bien que l'éclosion de ces entreprises ne se limite pas à de pures spéculations.

La seconde partie du livre explore pourquoi le modèle américain a relativement échoué en Europe et pourquoi celle-ci devrait s'inspirer plus efficacement des succès d'outre-Atlantique. «Ce n'est pas perdu pour l'Europe, mais c'est mal emmanché, commente Hervé Lebret. Les jeunes devraient s'imprégner de cette mentalité.» Pour cet ancien capital-risqueur, les entrepreneurs européens ne se montrent pas assez passionnés. «Sans ce moteur, on s'éteint.»

Si, selon Martin Vetterli, vice-président pour les relations internationales à l'EPFL, «cette publication devrait devenir un standard de tous les cours sur l'entrepreneuriat high-tech», Hervé Lebret précise que celui-ci n'est pas une ode à l'entrepreneuriat ou au business. Au contraire. «Il faut se trouver une vocation avant de chercher une carrière», conseille-t-il. Et de souhaiter ardemment que son message passe. Raison pour laquelle il adresse son livre à toute personne intriguée par le sujet et, à priori, intéressée par la technologie et l'innovation. Disponible en français et en anglais - car c'est «la langue de la technologie» - la publication peut être commandée sur http://www.amazon.com ou http://lebret.wordpress.com

 

«Start-up, ce que nous pouvons encore apprendre de la Silicon Valley», Hervé Lebret, 202 pages, prix: 20 euros.

author: Florence Luy, Médias & communication