Energie et information captées par une même antenne
27 September 2005
Expériences aérospatiales
Des antennes
solaires développées par l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) équipent
un des satellites embarqués par la fusée russe Cosmos dont le lancement est
prévu ce vendredi 30 septembre (un report est cependant possible) sur le
cosmodrome de Plesetsk, en Russie. Il s'agit du premier test spatial pour ces
structures inédites. Un petit satellite réalisé par des étudiants de plusieurs
universités européennes, dont l'EPFL, est également à bord.
Plus légères, plus petites, plus fiables. Les structures
spatiales tendent en permanence vers ces objectifs. Dans cette optique,
l'Agence spatiale européenne (ESA) a sollicité le Laboratoire d'électromagnétisme
et d'acoustique (LEMA), à l'EPFL, expert en matière d'antennes plates. Les
scientifiques se sont alors attelés à réunir en un seul objet antenne et
panneaux solaires. D'une part, il s'est agi de faire cohabiter sur un même
support des directions d'émission/réception différentes. D'autre part, il a
fallu lui intégrer sur un circuit imprimé plusieurs couches de l'épaisseur d'un
cheveu.
Après six ans de travaux, Asolant – pour Advanced SOLar
ANTenna – a ainsi vu le jour dans le laboratoire dirigé par le professeur Juan
Mosig. La structure est mince et légère. Elle est robuste et s'autoalimente en
énergie. Elle fonctionne avec des cellules solaires adaptées aux conditions de
l'espace, à base d'arséniure de gallium. Elle peut communiquer avec la Terre, avec des réseaux de
téléphonie mobile tels qu'Orbcomm et recevoir les signaux GPS.
La construction
des antennes a été confiée à la société zurichoise HTS. Après avoir reçu leur
homologation pour l'espace, celles-ci ont été fixées sur un satellite Rubin,
que l'entreprise allemande OHB System AG a adapté sous la direction du
Laboratoire d'électromagnétisme et d'acoustique. C'est sur ce satellite
qu'elles vont effectuer leur premier test spatial.
Outre sur les satellites, Asolant pourra aussi être utilisé
sur notre planète. On peut ainsi imaginer ces "tuiles solaires" peu
onéreuses équiper les toits des maisons, permettant de disposer à la
fois de
l'énergie nécessaire au quotidien (électricité, chauffage) et des
programmes
TV. La commercialisation de cette application, laquelle a été imaginée
en collaboration avec l'équipe du professeur Arvind Shah de l'Institut
de microtechnique (IMT) de l'Université de Neuchâtel, sera étudiée par
Jast, la start-up du Laboratoire d'électromagnétisme et d'acoustique.
Enfin, les antennes
solaires pourraient être employées pour les téléphones mobiles, les
transmetteurs autonomes dans des régions d'accès difficiles ou encore
pour les
bouées de repérage en mer.
Un satellite estudiantin
Par ailleurs, la fusée Cosmos va aussi embarquer à son bord le
premier satellite réalisé par des étudiants de plusieurs universités
européennes. Ce projet de l'ESA, mais réalisé dans le cadre de la Student Space
Exploration and Technology Initiative (SSETI),
a séduit un petit groupe de l'EPFL, qui a
développé la partie électronique du système de propulsion. "Il s'agira de
contrôler l'ouverture et la fermeture des valves", explique Renato Krpoun,
assistant au Laboratoire des microsystèmes pour les technologies spatiales.
Après avoir subi divers tests durant les premiers mois de sa mise en orbite, le
satellite servira de transpondeur à l'usage des radioamateurs.
journaliste:
Florence Luy